dimanche 21 février 2010

Article écrit pour le Bonbon oct.09 - peintre montmartrois


ATELIER 21

ARTISTE PEINTRE MONTMARTROIS

Bruno-Emile Laurent a son atelier au 21 rue Henri Monnier. C’est là que toute la journée, tous les jours, il peint. Il s’arrête quand le trouble ou la fatigue survient, quand l’inspiration est cassée. Et le lendemain, il a le plaisir d’y voir plus clair. « Je reprends mes toiles, encore et encore jusqu’à arriver au maximum de qualité. La peinture, ce n’est pas une affaire de temps ».

Bruno-Emile Laurent, dit BEL, est né en 1928. Il a connu l’exode pendant la guerre et travaille depuis l’âge de 14 ans. À 25 ans, il vient à Paris pour être comédien. Il s’installe dans le 9e arrondissement et il n’en bougera plus. Il se souvient des bougnats, vendeurs de charbon, des marchands des quatre saisons qui se déplaçaient avec leur charrette rue des Martyrs.

Bien qu’il se sente artiste, ce n’est finalement pas la comédie qui lui convient. En même temps qu’il travaille pour gagner sa vie, BEL s’inscrit à des cours de peinture. Pendant 5 ans, il apprend consciencieusement à l’Académie de peinture de Paris puis à l’Ecole supérieure de Montparnasse. « Je ne suis pas autodidacte. Mais la peinture, ça s’apprend et en même temps, ça ne s’apprend pas ». Ses études terminées, il se lance dans sa passion. Il a déjà 46 ans.

Amoureux de Montmartre, il peint ses lieux, ses paysages, ses habitants et fait revivre des époques anciennes : Le Lapin Agile, la place des Tertres, la place Pigalle, le Sacré-Cœur… Il a peint aussi le théâtre de l’Atelier que le musée Montmartre expose en permanence. Sa peinture a un réalisme poétique proche de certains peintres montmartrois comme Utrillo. C’est sa première manière. Il lui arrive encore de peindre dans ce style, mais il avoue que ce n’est plus ce qu’il préfère : trop difficile, trop rigoureux. Il manque de liberté.

Alors il cherche, essaie d’autres techniques et il arrive à sa deuxième manière de peindre. Il met alors en scène les lieux avec des couleurs vives. Les danseuses de french cancan s’invitent devant le Moulin-Rouge, les passants déambulent dans les rues. Les protagonistes passent au premier plan. Il y a une joie de vivre qui se dégage de ses tableaux. « Quand je peins, je ne s’appartiens plus, j’appartiens au tableau ». Il réalise un Moulin-Rouge étonnant que l’établissement lui a acheté pour en faire des lithographies vendues dans leur boutique.

Poursuivant son envie de liberté et de gaieté, BEL invente sa troisième manière, il y a tout juste un an. Il a 80 ans. « J’ai enfin trouvé ma véritable personnalité. Je fais des choses que les autres peintres montmartrois ne font pas ». Il veut donner à ses toiles plus de matières alors il colle des palettes de peinture usagées, son blanc devient plâtreux, le paysage est plongé dans un brouillard très coloré. « Je veux qu’on soit absorbé par la toile ». BEL a trouvé son style et il s’en amuse. Il revisite des chefs d’œuvre du cinéma comme Les Enfants du Paradis, La Traversée de Paris. Il rend hommage à Van Gogh, à Renoir, au cirque Médrano… Il compose aussi, réunissant sur la même toile le Pont Neuf et le Sacré Cœur. Ses toiles se promènent dans Paris. Il peint le quartier latin, le jardin des Tuileries.

Pendant toutes ces années, les peintures de BEL n’ont cessé d’évoluer. « Je ne vois pas le temps passer ». Et en sa compagnie, nous non plus !

Vous pouvez venir le voir directement dans son atelier où sont exposées ses toiles.

21 rue Henri Monnier

Son blog : http://bel.over-blog.com/



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